Plus ce qu'on recherche est précis et plus facile est le ciblage et les stratégies à mettre en
place.
Si vous recherchez un job de balayeur par exemple, le lâcher de CV est très recommandé. Il en effet fort à parier que vous soyez rapidement
sollicité pour exercer vos talents. Le salaire ne sera guère négociable mais au moins vous aurez du boulot !
Autrement dit "Il n'y a pas de bon vent pour qui ne connait pas son port" pour citer Sénèque.
Seulement moi de port d'attache je n'en ai pas vraiment.
Je veux dire que je n'ai pas à proprement parler de métier.
J'ai commencé par une formation d'analyste programmeur et j'ai ensuite aligné trente six métiers et jobs.
Un vrai catalogue ou un métier dans chaque port pour en rester aux métaphores marines: déménageur, vendeur porte à porte, pupitreur, analyste
programmeur, plongeur (ne fantasmez pas les filles, mes eaux étaient troubles et s'écoulaient en cuisine, je portais mes palmes aux mains qui s'appellent en ces lieux des gants),
projectionniste, distributeur de prospectus, dessinateur de presse, gendarme auxilliaire, opérateur en usine (manoeuvre on disait avant mais c'est la même merde tout aussi assourdisante et
aliénante), client mystère, enquêteur, rédacteur publicitaire, technicien commercial, formateur micro-informatique, libraire, gérant de société, webmaster, téléconseiller.
Enoncé sans ordre particulier. Certains n'ont duré que quelques semaines, d'autres plusieurs années.
J'ai exercé tous ces jobs en apprenant sur le tas, en me débrouillant avec ce que j'avais et ce qui se présentait, au feeling, au
culot et avec une bonne dose de bon sens.
J'ai exercé tous ces jobs mais d'aucun je ne peux prétendre qu'il est mon métier.
Webmaster par exemple. J'ai fais ça quelques temps à mon compte. Je peux réaliser des sites, en faire le graphisme jusqu'à un certain point,
les textes, le référencement et le suivi. Seulement quand je lis les annonces pour ce genre de job, souvent je ne connais même pas le nom des outils dont ces entreprises exigent aujourd'hui la
connaissance.
Là aussi j'ai appris sur le tas. Je parviens en général toujours à ce que je veux ou voulait un client mais mes méthodes de travail ne
correspondent pas au formalisme exigé d'une web agency.
J'ai beau parfois me marrer en regardant le résultat de leur travail en me disant tout ça pour ça, il n'en reste pas moins que je ne passe
même pas le cap de la présélection.
Quand reprenant une recherche active il m'a été demandé quel était mon projet professionnel j'ai répondu que conseiller à l'emploi et à
l'insertion m'inspirait.
J'en ai déjà un peu parlé sur ce blog et de l'idée que je m'en fais à travers ceux que j'ai croisé et qui font ce métier, ce job
m'intéresse.
Je pense avoir le profil et le vécu nécessaires pour aider d'autres braves gens dans mon genre qui sont un peu à la ramasse.
Seulement après deux mois je dois bien me rendre à l'évidence. Nul en port en vue.
J'en reviens au point de départ à regarder tout et n'importe quoi et à répondre au petit bonheur la chance.
Ce qui rend les idées de phoning ou de mailing encore plus incertaines qu'elles ne le sont déjà par nature.
Je me rend compte également que mon âge commence à jouer en ma défaveur.
Personnellement, 45 ou 30 ans ne font pas beaucoup de différence. Je ne me sens ni jeune ni vieux. Je me sens moi. Et ce n'est déjà pas si
mal.
Mais ce n'est pas moi qui m'embauche. Je l'aurais déjà fait et je billeterais en cet instant sur d'autres sujets !
Je pourrais tiens pourquoi pas citer Radiguet sur mon CV " Tout âge porte ses fruits, il faut savoir les cueillir"
Cueillez moi cueillez moi :-)
Et puis il y a cette béance, cette déchirure de six ans dans ma vie.
Putain six ans !
Comme dit, il faut être sorti du trou pour le voir et en prendre toutes la mesure.
Eh oui mon bon, c'est profond. Profond comme six pieds sous terre !
Mais faire semblant de ne pas le voir ne le rebouchera pas pour autant.
D'un point de vue professionnel, au pays du "travailler plus", du culte de la productivité et de la religion du plan de carrière je
dépareille un tantinet.
Six ans de quasi inactivité c'est un peu comme une énorme tâche sur une belle chemise blanche.
Alors bien sûr j'ai un peu bidouillé le haut du CV, tiré un peu ici, allongé un peu là mais ce raccomodage de fortune a ses limites.
Et puis honnêtement cela m'ennuie et commence à me gêner aux entournures. Pas tant par souci de loyauté vis à vis d'un employeur ; j'ai
un peu appris à ne pas être plus royaliste que le roi.
Mais à cette étape de reconstruction qu'est ma vie j'ai besoin d'unité, pas de m'éparpiller en différends rôles à jouer devant les
uns ou les autres.
Mentir pendant l'entretien en s'inventant une histoire qui n'est pas la mienne c'est ensuite me condamner au sein de cette entreprise à cacher
tout un pan de ma vie.
Et ce n'est pas seulement aux autres que je vais par le fait dissimuler ces six années, mais à moi. De petits mensonges en petits
travestissements je vais peu à peu finir par vouloir gommer et effacer toute cette période et vivre dans un tiraillement perpétuel entre ce qui a été et ce qu'en j'en raconte.
On peut toujours baratiner sur quelques mois ou une année, pas sur six.
Il m'a été conseillé de ne pas évoquer cette période en terme de maladie ou dépression.
Je comprend le point de vue, mais c'est finalement à voir.
Je suis ce que je suis. "Putain, six ans ... et je t'emmerde". Dans l'esprit :-)
En conclusion je suis dans la cacouille !
Mais pas le moins du monde découragé ou pessimiste.
Je me dis simplement que je dois changer de point de vue ou d'angle de tir. Sortir d'un cadre qui ne me correspond manifestement pas.
En regardant les deux mois passés, le nombres d'annonces auxquelles j'ai répondu et le nombre d'entretiens obtenu je peux tout aussi bien me
retrouver l'année prochaine à la même période à faire un copier/coller de ce billet si je n'adopte pas une autre conduite et un autre regard.
Bref, je vais mettre à profit ce mois de vacances pour rassembler tout ça et cogiter créativement ....
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