Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

Autre liens

. Webcam Strasbourg
  ACTUALITE
EN LIGNE
. Rue 89
Le monde 
Libération 
  Le Figaro
. L'express 
  Le point
   
. HoaxBuster
. Charlatans
  Allo Streaming 
   

Pensées

« Vis ta vie comme si tu devais mourir demain. Apprend comme si tu devais vivre toujours »
Mahatma Gandhi

« Plaire à tout le monde, c'est plaire à n'importe qui »
Sacha Guitry

« Délaisse les grandes routes, prends les sentiers »
Pythagore

« N’estime l’argent ni plus ni moins qu’il ne vaut : c’est un bon serviteur et un mauvais maître» 
A. DUMAS Fils

« La richesse est un instrument dont on use, et non un dieu que l’on vénère» 
Calvin Coolidge

« Comment savez-vous si la Terre
n'est pas l'enfer d'une autre planète ? »

Aldous Huxley
19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 02:01
Je ne suis pas en situation de refuser un emploi.
C'est bien dommage !
L'entretien de Vendredi (voir postulations du jour) s'est bien passé dans la mesure ou j'ai gentiement et docilement joué le rôle qui m'était imparti ce jour là de Rmiste aussi humble qu'attardé.
Je ne m'attendais pas je dois dire à être traité de cette façon, entre mépris et condescendance.
Cela n'a d'ailleurs pas véritablement été un entretien de recrutement  mais essentiellement un examen de ma situation sociale.
La mairie à ses quotas à respecter.
Le décision ne se prendra que pour une faible part en fonction de moi mais surtout en fonction du nombre de critères sociaux que j'aurais réussi à satisfaire en quarante minutes.
 
Je ne me fais non plus aucune illusion sur le poste proposé qui serait en fait un job d'animateur de la prévention routière dans les écoles et collèges.
J'aimerais bien remarquez. C'est quelque chose qui me plairait et me conviendrait bien.
Mais je n'y crois pas un seul instant.
D'abord parcequ'on a  pris la peine de me préciser que le service était au complet et qu'ensuite on a longuement insisté sur le temps qu'il faudrait avant que j'intervienne. En contrat d'avenir, du temps on a pas beaucoup.
La présentation du poste a duré trois ou quatre minutes. Sur ce court temps une bonne moitié a été consacrée aux petites tâches annexes qui seront attachées à cette mission. 
A la fois énoncées sur un ton léger et badin et en même temps énumérées avec beaucoup plus de détails que les fonctions même d'animateur. Les équipes intervenant surtout à l'extérieur, il faudra bien sûr charger et décharger le materiel. L'installer et le désinstaller. Il y aura aussi l'entretien des vélos. Les nettoyer, les réparer, remplacer ceci ou cela. Quand les écoles viennent au centre il faudra également préparer et ranger les salles ... etc.
Je vois tout à fait le genre !
 
C'est marrant parceque j'étais prêt à jouer les dames sucettes comme disait FD et faire le clown à la sortie des écoles avec un panneau Stop.
Les choses étaient claires. Pas de mensonge, pas de tromperie.
 
La mauvaise farce a donc duré une quarantaine de minutes.
Ils étaient trois.
L'habituel pot de fleur des ressources humaines qui n'a pas ouvert le bec une seule fois. Le patron du service concerné qui fut le seul à me poser quelques questions intelligentes.
Et au milieu une assistante sociale qui a conduit les débats.
Elle a d'abord commencé par s'assurer que je savais bien pourquoi j'étais là !!
Une première question d'évidence bien sûr !
Elle m'a ensuite demandé si je savais ce qu'était un contrat d'avenir et de le lui expliquer.
A la fin de ma récitation elle a un peu froncé les sourcils en me regardant.
Qu'avais-je donc oublié ? Et puis merde c'est quoi ce cirque ?
"Contrat ... d'avenir. D' a.v.e.n.i.r ?"
Encore un peu elle me l'aurait épellé !
Et puis l'attardé a brusquement compris ce que la dame voulait lui faire dire.
" ... afin de se réinsérer et trouver à l'issue de cette période un emploi pérenne sous forme de CDI"
J'ai eu cette fois le droit à un sourire pour ma bonne réponse.
A partir de là elle a bien sûr embrayé sur mon projet professionnel.
C'est ce qui occupait la plus grande partie du formulaire qu'elle avait devant elle et qu'elle remplissait scrupuleusement au fur et mesure de mes réponses.
A ce moment là j'ai commis un véritable crime de lèse majesté. J'ai en effet eu la très nette impression  d'avoir en cet instant fait caca sur la table quand j'ai répondu que travailler dans l'insertion professionnelle était un de mes souhaits.
Elle a écarquillé le yeux. 
"Ah mais ce n'est pas possible. Il faut des diplômes de très haut niveau pour ça. C'est très long et très difficile"
J'ai senti le vent tourner mais je me suis dit que je pouvais bien encore tenir un round.
Par dignité parceque je commençais à en avoir marre d'être traité depuis le début comme un peu moins qu'une sous merde.
J'ai donc répondu que mon projet avait été validé par l'ANPE et par le RELAIS EMPLOI. Aussi que la nomenclature ANPE pour ce métier précisait qu'aucun diplôme n'était à priori exigé et que l'expérience, le vécu et les qualités humaines étaient d'avantage pris en compte.
Et que j'avais donc toutes mes chances.
Avec le vent tourner j'ai aussi pressenti le coup bas.
"Et jusqu'à présent, vous avez eu des entretiens ? Bien. Vous avez d'autres pistes, d'autres projets ?"
"Dans l'immédiat celui de te péter la gueule mais ce serait sans doute mal venu ..."
 
Je me suis rendu compte qu'elle comme la plupart des interlocuteurs que je peux avoir sont des gens qui ne savent rien de l'insertion, de sa réalité au quotidien. Que la majorité sont dans des structures protégées et n'ont jamais connu le chômage, sinon à leurs débuts. Qu'ils ne connaissent rien du monde de l'entreprise. Qu'ils n'ont aucune idée de ce que c'est que de vivre avec le RMI. Que beaucoup pensent sans le dire clairement qu'on se débrouille finalement pas si mal à vivre ainsi aux crochets de la société sans bosser. Que si on a pas de projet professionnel bien dessiné et bien structuré c'est qu'au fond on se laisse vivre et qu'on a pas réellement envie de s'en sortir.
 
J'ai laissé tomber l'affaire comme on dit et je lui ai parlé d'Internet.
Elle était contente et a de nouveau souri.
Je n'ai pas rebondi pour lui expliquer que si justement on me demande un projet cela n'a pas de sens de répondre par un truc que je connais déjà et que je ne parviens plus jusqu'à présent à vendre.
Que si c'est pour causer du Web je n'ai pas besoin d'elle et que je suis assez grand pour faire ma recherche d'emploi tout seul.
Que même si je validais mon expérience par un bac +3 ou 4 je ne suis pas certain qu'à mon âge cela m'apporterait quelque chose. Que de toutes façons il n'y avait jusqu'à plus ample informé aucun diplôme correspondant à mon expérience dans la procédure de validation des acquis.
Qu'elle commençait aussi et surtout à me faire chier, que j'étais là pour un putain de taf parceque j'en plein le dos que mes parents soient obligés de me payer mes factures téléphone ou mon loyer, que j'aimerais juste pouvoir bouffer correctement et payer des trucs à mon môme.
Que ce n'était de toutes façons déjà pas avec ses 750 euros de merde que j'allais pouvoir repeindre mon a.v.e.n.i.r en rose.
Que si elle se préoccupait tant que ça de mon devenir elle n'avait qu'à se demander ce que ça allait pouvoir m'apporter de décharger des camionnettes ou de réparer des vélos pendant 6 mois ou un an.
Que je ne lui avais rien demandé.
Que je n'étais pas là pour faire l'aumône.
Que je trouvais écoeurante sa façon de se conduire et d'humilier ainsi les gens en les réduisant à un statut social. Que ma situation ne lui donnait pas le droit de se permettre de m'enfermer dans ses petites cases à la con, de me juger et de me résumer en quelques phrases grifonnées à la va vite .... etc
 
Je n'ai bien sûr rien dit de tout cela et j'ai continué de la faire sourire.
Quand il n'y eut plus de place sur son formulaire à la rubrique projet, elle s'est attaquée à mon CV.
Nullement pour me demander des précisions sur mes différentes fonctions. De cela manifestement elle n'avait rien à faire, rien à foutre, rien à battre. Je ne suis pas sûr qu'elle ait de toutes manières compris le quart des postes que j'ai occupé.
Ce qui l'interessait c'était la nature des contrats. CDD, CDI, CDD, CDI. Elle a tout bien annoté au crayon. Je ne sais pas trop pourquoi parceque ces mentions y figurent déjà ! Elle a par contre laissé des blancs pour les périodes gérant de societé et travailleur indépendant !
 
J'ai continué ainsi de répondre correctement à toutes ses questions.
Je pouvais en fait dire n'importe quoi du moment que ça corresponde à son formulaire.
L'entretien s'est terminé cordialement.
Je me suis levé. Pas eux.
On ne m'avait pas serré la main quand je suis arrivé. Pas même salué par mon nom. Il n'y avait aucune raison d'attendre la moindre marque de civilité à la fin.
Des fois que j'ai la gale ou que le RMI soit contagieux !
 
Ce qui me met en rogne c'est que la matin même j'avais eu un autre entretien.
J'avais parlé dans le billet cité plus haut d'un job de chargé de com dans une galerie de peinture.
Mardi en fin d'après midi le président de l'association m'avait appellé et demandé si j'étais d'accord pour qu'on se rencontre. Comme ça, au pied levé, pour faire connaissance.
Une demi heure après j'étais là bas.
Entretien cordial, informel, précis dans la définition de la mission, dans ses attentes. Cela avait duré un peu moins d'une heure et il m'avait promis de me rappeller pour fixer un autre rendez vous avec le vice président et une autre personne du conseil d'administration.
Rencontre qui s'est donc déroulée vendredi en fin de matinée.
Ce qui me met en rogne c'est que ce poste, à l'issue de cet entretien, j'ai le sentiment de l'avoir eu au bout des doigts.
"Si on vous dit oui vous répondez quoi ?"
Seulement j'ai mis en balance ce job dans une assoc et un contrat à la CUS. Entrer à la mairie de Strasbourg, même par la petite porte, ce n'est pas rien.
Je n'ai pas poussé mon avantage et j'ai donc réservé ma réponse.
Etait-ce aussi une impression, mais j'ai senti un léger refroidissement ...
 
En rogne sans non plus me flageller.
Le risque en valait sans doute le bout de chandelle. D'autant que d'après le peu d'infos qu'avait réussi à glaner mon conseiller auprès de la personne chargée des annonces CUS je pouvais tout aussi bien me voir proposer un truc au service informatique ou communication.
Une petite porte me disai-je qui me laisserait quelques mois pour essayer d'en entrouvrir d'autres.

Eh oui seulement je ne savais rien du contexte de l'entretien que je viens d'évoquer ni que l'histoire allait se dérouler dans un service de haute sécurité au troisième sous sol accessible après le passage de deux portes blindées et un sas de sécurité.
Je ne sais pas pour pourquoi la prévention routière se situe dans cette zone mais je ne suis pas prêt si je suis retenu de me faire des copains ou de pouvoir chercher à croiser par le plus grand des hasard telle ou telle personne !!   
 
Mais en résumé et à cette heure, rien n'est joué ... ou du moins je ne le sais pas encore ...
 
.

Partager cet article

Repost 0
Published by Eric - dans jobjobjob
commenter cet article

commentaires

Naisha 20/10/2008 19:13

je me suis foutue plus d'une fois en rogne dans le bureau de la conseillère ANPE.. la dernière fois, je lui avais envoyé valser tout son bardas de sur son bureau.. En lui rappelant que c'est "grâce" à des gens dans ma situation qu'elle a, elle, un job. Job qui est sensé de m'en trouver un! Et non pas me dire que dans la région y en a pas et qu'il fallait que je parte avec ma gosse sous le bras à Bordeaux!

Eric 20/10/2008 07:14

FD : Eh bien voilà, tu peux décroiser les doigts :-)Cassandre : Merci de ta gentillesse. Je ne sais pas ... viens déjà prendre un café à la galerie :-)Sandra : Il ya un jeu de mot que je n'ai pas saisi ou une référence qui m'échappe :-)

Sandra 19/10/2008 20:54

Je me passerais de commenter ton entretien, mais je n'en pense pas moins ... Souvent c'est ceux qui en font le moins qui s'y croient le plus (non non, je ne parle pas des frites ;-) )

Cassandre 19/10/2008 20:33

Contente de voir que tout va bien... mais si tu as besoin de te changer les idées ou je ne sais pas de quoi d'autre, mais si c'est dans mes capacités, alors je suis là !Bonne soirée :)

FD 19/10/2008 14:46

Je suis outréede l'attitude des "recruteurs" municipaux. Déjà, je me demande ce que vient faire l'asistante sociale dans ce recrutement, et puis je ne porte pas les assistantes sociales dans mon coeur, celles que j'ai eu à rencontrer n'ont jamais fait preuve de clairvoyance. Et puis je sais hélas que les pires recruteurs/employeurs sont la Fonction Publique, qu'elle soit territoriale ou d'Etat... Tu serais plus à l'aise, avec une meilleure considération et un job plus épanouissant à la galerie... je croise aussi les doigts pour toi et je t'envoie plein de courage. Pourquoi pas une VAE..."même à ton âge", n'y a-t-il aucune formation qui puisse être validée par ton experience ?