Vendredi 25 septembre 2009
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19:53
C'est l'automne.
La saison des feuilles mortes et des violons languissants.
Si vous préférez le banjo je n'y vois pas d'inconvénient. Ce sera seulement moins languissant c'est
tout.
Je ne sais pas pourquoi l'autre jour je me suis mis en tête d'écrire un poème sur
l'automne.
Un poème. Tiens donc. Un vrai. Avec des vers à la fin qui tintent joliement à l'oreille.
Cela me prend parfois.
Quelque chose dans cet esprit vous voyez :
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Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone
Paul Verlaine
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Ou ça ...
De la dépouille de nos bois
L'automne avait jonché la terre ;
Le bocage était sans mystère,
Le rossignol était sans voix.
Charles hubert Millevoye
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Il y aussi Baudelaire qui démarre la saison dans de bonne dispositions.
Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
Sans compter l'inénarable automne malade de Guillaume Apollinaire
Automne malade et adoré
Tu mourras quand l'ouragan soufflera dans les roseraies
Quand il aura neigé dans les vergers
Pauvre automne ! Meures en blancheur
Et en richesse de neige et fruits mûrs.
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Aux lisières lointaines, les cerfs ont bramé
Et que j'aime ô saison, que j'aime tes rumeurs
Les fruits tombant, sans qu'on les cueille
Le vent et la forêt qui pleurent
Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille
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Les feuilles qu'on foule,
Un train qui roule
La vie s'écoule...
Bref vous percevez maintenant certainement mieux les chemins que je souhaitais faire prendre à mon
inspiration.
M'étant dit que les muses se sentiraient sans doute mieux disposées à rimer dehors sur un tapis de feuilles plutôt qu'enfermées dans un bistrot je me suis rendu dans un joli
parc près de chez moi, plein d'arbres, de feuilles mortes et de jolies couleurs.
Une belle ambiance à pisser du Verlaine au kilomètre je me suis dit. Dans un décor si propice les muses allaient grimper aux troncs !
Je me suis donc installé entre deux magnifiques tas de feuilles pourrissantes sous la frondaison
dégarnie d'un vieux châtaigner qu'un vent sifflant soufflant faisait remuer doucement .
J'ai ouvert mon petit carnet Hemingway sur mes genoux, j'ai respiré profondément et le bic en
alerte j'ai commencé à regarder les feuilles, puis les branches, puis de nouveau les feuilles, et puis encore une fois les branches, et ... rien.
Pas un sanglot, pas de violon, aucun symptôme de langueur, pas de bocage en vue et et les rossignols sont
plutôt rare par ici.
Quand aux froides ténèbres ou aux ouragans dans les roseraies il ne faut pas non plus
pousser n'est-ce pas !
Pourquoi pas une tempête dans une verre d'eau pendant qu'on y serait hein ?
Certes les muses m'avaient posé un lapin mais j'ai tout de même un peu insisté et je suis resté
encore un moment à essayer d'avoir le coeur blessé en regardant les tas de feuilles mortes. Je pensais aux familles, aux
branches en deuil, au compost qui était leur destin.
Mais toujours rien.
Pas le moinde signe ou la moindre vibration qui aurait annoncé ne serait-ce qu'un début de ver.
Ce n'est pourtant pas faute de m'être furieusement fouaillé et fourragé les entrailles ! A la
pelleteuse je me la suis gratée l'imagination.
Seulement quand je vois une branche sans feuille, j'ai beau faire et refaire encore je me dis seulement que
j'ai devant devant moi une branche sans feuille. Avec des feuilles sans branche c'est pareil.
Bien sûr je n'ai pas écris de poème ce jour là.
Ni les jours suivants d'ailleurs.
Je referai une tentative dans les premiers jours de l'hiver.
Rimes en flocons ça s'appellera.
Pas mal non ?
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