Vite aux abris !
L'ex est de retour ! Arghh !!
Pas vraiment en fait. Elle n'est jamais très loin même si je n'en parle pas beaucoup.
Disons qu'hier après midi elle était très en forme et m'a pris le chou un peu plus que d'habitude.
Au menu la désobéissance de N, son impertinence, et ce bien sûr toujours au retour d'un week end chez moi .... Et puis son mari, son rôle ...
Et le droit de ceci et de cela que je donne à N ... Le tout soupoudré des éternelles suspicions et menaces à peine voilées que l'histoire m'a appris à ne jamais négliger.
Ayant réussi l'exploit de ne pas me mettre en colère j'ai d'abord écris un long texte pour me calmer. Pour moi.
Que j'ai raccourci, transformé en mail, rendu moins dur. Que j'ai hésité à envoyer. Pour ce qu'elle en fera me suis-je dit ! Que j'ai
finalement envoyé. Les écrits restent.
Ce que c'est lassant vous n'imaginez pas d'avoir quelqu'un qui vous a en permanence en ligne de mire à essayer de vous trouer la
peau comme un sniper en embuscade qui maintient constante la pression. Quelqu'un qui souffle le chaud et le froid selon ses humeurs, presque aimable un jour, totalement hystérique le
lendemain.
Mon psy est très confiant puisqu'il pense qu'à moins de se trouver une nouvelle cible elle ne s'arrêtera jamais !!!
Chouette, je suis tombé sur l'inventrice du mouvement perpétuel !
Ceci dit si quelqu'un se sent la vocation de cible vivante, qu'il n'hésite pas à prendre contact avec moi, on arrangera le coup.
Qu'est-ce que tu crois ? Que je passe mon temps à programmer N à te désobéir ?
J'ai bien autre chose à faire et c'est me prêter bien des pouvoirs que je n'ai pas.
Ce ne serait déjà pas dans son intérêt mais demande toi également si même ce serait dans le mien.
Lui apprendre à désobéir à sa mère ne ferait que préparer sa désobéissance à mon égard. Je n'aurais pour résultat que de me
décrédibiliser.
J'ai une formule consacrée. "Quand tu es chez maman, tu obéis à maman. Quand tu es chez papa tu obéis à papa. Il y a des règles la bas et
d'autres ici. Comme il y en d'autres à l'école ou d'autres encore au judo. C'est la vie, tu vas apprendre."
Je n'ai pas de problème d'obéissance avec cet enfant. Il ne semble pas qu'il y en existe non plus ailleurs.
Alors interroge toi et cesse de me ruer dans les brancards et d'instrumentaliser le moindre acte de désobéissance ou d'impertinence à ton
encontre pour tenter de justifier la mauvaise influence que j'aurais sur lui ...
C'est un peu facile de faire porter le chapeau à autrui.
"Moi et mon merveilleux mari on fait tout bien mais son zèbre de père casse tous nos efforts"
Je suis ouvert au dialogue mais pas à ces recurrentes mises en cause toutes les fins de week end ou de vacances.
J'éduque N dans des valeurs de respect, d'obéissance, d'honnêteté, de loyauté, de partage, de sincérité.
Je n'utilise pas les mêmes moyens que toi et je ne place pas le curseur au même endroit.
Sur l'exemple que tu citais cet après midi ou il ne cessait de demander à cinq reprises une feuille pour dessiner. Tu décides de la punir.
Très bien. Moi pas. Je dis non une cinquième fois. Et je continue de dire non jusqu'à ce qu'il se lasse. Il fait l'apprentissage que lorsque je dis non c'est non. Voilà, le message passe. Et
peu à peu le nombre de non à marteler diminue.
Je n'ai rien à dire, jusqu'à certaines limites, sur ta façon d'éduquer N. Je pense que tu fais au mieux.
Eh bien moi aussi.
Si c'est un délit de ne pas penser comme toi et que mes préceptes d'éducation sont mauvais et font de moi un mauvais père qu'on me le
fasse savoir.
Nous répondrons.
Un exemple sur la valeur sincérité :
Samedi matin il me demande s'il peut manger un bonbon. Je lui sort la boite, la pose sur l'évier et vaque à autre chose sans plus faire
attention à lui. Un moment après il m'appelle et me dit "je n'ai pas encore choisi de bonbon. Je vais maintenant en choisir un"
Je sens bien sûr l'enfume à plein nez.
"Tu n'en a pas déjà mangé un ?"
"Non, je n'en ai pas encore mangé, j'ai pas choisi"
"Tu es sûr de ta réponse ?"
"Oui"
J'ai plusieurs choix ;
1) Aller lui sentir la bouche et le punir pour m'avoir menti.
2) Sûr de mon fait, lui affirmer qu'il est en train de mentir, refuser ce deuxième bonbon ...ou le disputer ....voir le punir
!
3) Le responsabiliser et lui demander de réfléchir à sa réponse.
"N. Je ne veux pas de mensonge entre nous parcequ'alors je ne pourrai plus te faire confiance. Cela veut dire que je ne te croirai plus
quand tu me diras quelque chose. Réfléchis encore à ta réponse. Ce n'est pas plutôt que tu en as déjà mangé un et que tu en voudrais un deuxième ?"
Cela a duré cinq six secondes, le temps qu'il pèse le pour et le contre.
"Heu oui, j'en ai déjà pris un et j'en aimerais bien un autre"
"C'est bien N, tu as choisi la bonne réponse et je te remercie de ta franchise"
J'ai laissé passé un moment et je lui ai alors proposé d'en reprendre un deuxième. Je l'ai cette fois observé. Il a pris un bonbon, a
refermé la boite et est allé la ranger tout seul.
On peut discuter et même critiquer ma façon d'agir en répondant que sa réaction n'a été motivée que par l'intérêt et que je lui avais
bien balisé le chemin.
Peut-être. Seulement au moment ou il a pris sa décision il n'était nullement assuré que je l'autoriserai à prendre ce second
bonbon.
Il connait aussi la valeur de mes refus.
Ensuite qui peut me dire qu'en le punissant ou le disputant je ne l'entraine pas à mieux mentir et dissimuler pour la prochaine fois
?
En tous cas cela se passe comme ça ici. Pour l'éducateur que je suis il importe moins d'être obéi que de le voir comprendre l'enjeu de
la situation. Il s'est responsabilisé et a fait le bon choix. C'est plutôt positif.
L'éducation n'est pas une science exacte. J'ai en tous cas là le sentiment de conserver le lien. On pourra toujours revenir dessus
...
Oui je lui donne des droits. Celui d'avoir envie ou pas. D'aimer ou pas. De ne pas être d'accord, d'être de mauvaise humeur ou en colère.
Le droit de choisir ou celui de préférer.
Il faut être cohérent. On ne peut pas dire en permanence à un enfant "tu es un grand maintenant" toutes les fois que cela nous arrange et
lui dénier dans le même temps tous les droits des grands quand cela ne nous arrange pas.
Je ne suis pas là pour le brimer dans son expression mais lui apprendre à la cadrer, la canaliser et lui donner une forme socialement
acceptable.
Autre chose et pouvant expliquer qu'il a en effet besoin à chaque fin de week end d'une petite période de réadaptation.
Mon choix pour le moment est de vivre seul.
Cela implique que la dicipline de vie au quotidien à laquelle est contrainte un famille de six personnes n'existe pas ici.
Cela signifie également que lorsque N est avec moi je lui consacre presque tout mon temps. La proximité et la complicité qui en
résultent ne peuvent se réaliser de la même manière dans ton contexte familial.
Il n'y a aucune permissivité ou laxisme dans mon éducation donnée à N. Il est simplement plus libre ici par le fait.
Si cela aussi est un délit et fait des gens qui choisissent de vivre seuls de mauvais parents qu'on me le fasse savoir.
Nous répondrons également.
Concernant le rôle de ton mari je te rappelle que je détiens l'autorité parentale conjointe avec toi seule.
Tu es toi même belle mère de ses enfants et cela ne te confère pour autant aucun droit sur eux.
Tu ne cesses depuis ta rencontre avec Mr L de vouloir le placer en concurrence avec moi dans le rôle de père et d'éducateur de notre
fils.
Cette volonté de me disqualifier est une stratégie dévastatrice pour l'avenir.
Je n'aurai eu de cesse de le répéter et ce depuis maintenant quatre ans !
Selon tes propres termes "il s'implique beaucoup et sans lui tu ne t'en sortirais pas"
Ce que tu délègues de ton autorité à ton mari te et vous regarde. Je n'ai pas à entrer dans ces questions.
Moi, détenteur de l'autorité parentale conjointement avec toi, je n'ai rien demandé et je ne délègue rien.
Pour moi ce monsieur n'a pas plus d'autorité que peut en avoir une maitresse ou une nourrice.
Il m'est déjà arrivé d'être en devoir de recadrer N sur le sujet. "M à dit ..."
M dit et pense ce qu'il veut mais "Papa et Maman décident."
Il est totalement surréaliste de t'entendre parler exclusivement de "Nous" (toi et ton mari) en matière d'éducation de N.
Vous voulez agir comme si je n'existais pas.
N a son père, vivant, présent, impliqué. Ne vous en déplaise et cela vous chagrine manifestement.
Qu'il vive avec mon fils et moi pas ne change rien à l'affaire.
La nourrice voit quantitativement N beaucoup plus que toi. Je ne crois que cela lui donne de quelconques droits sur l'éducation de
N.
Pourquoi si on te suis dans ton raisonnement ne pas transférer à des tiers l'autorité de tous les pères qui pour des raisons
professionnelles sont absents de chez eux la moitié du temps ?
Tu brandis par ailleurs le statut de beau père comme un étendard. Mais c'est juridiquement et moralement une coquille vide.
Il est tout de même incroyable dans cette société qu'une femme parcequ'elle se remarie puisse avoir la prétention de gommer d'un trait le
lignage d'un enfant et de vouloir substituer par confort personnel un parfait inconnu à son père père biologique quand celui-ci est présent et totalement investi dans son rôle.
Toutes ces choses peuvent prendre sens dans le cas d'un père absent, démissionnaire ou décédé.
Ce n'est pas le cas ici à ce que je sache.
Je trouve par exemple assez choquant que tu permettes à la maman de Mr L de se faire appeller Mamy. Aussi gentille que soit cette dame
elle n'est pas la mamy de N. Elle n'est pas sa famille. Ta mère et ma mère sont ses mamy. Il n'en a pas d'autre.
Si demain je me remarie et que toi même divorces et te remarie une troisième fois, il se passe quoi pour l'enfant ?
Il en sera à combien de mamy ? huit ? Plus un droit de visite à l'ex beau père ? Seulement quand on divorce, on perd son statut de beau
père. Pas celui de père. C'est la différence avec la famille et les limites de la famille recomposée.
Je n'ai rien contre les familles dites recomposées, le monde va comme il va, mais je suis tout à fait fermé aux mélanges des genres.
J'accepte l'idée que les enfants puissent s'adapter à la condition de ne pas leur pertuber tous les repères.
Et concernant N, attention ....
Un dernier point. J'insiste encore une fois pour voir et signer tous les documents administratifs relatif à N. Je te remercie d'avoir
l'obligeance de me communiquer les informations sur leur teneur mais il m'importe également de les avoir en main propre et de les parapher moi même.
Merci de ton attention
.
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