Je rebondis sur un commentaire au billet précédent au sujet des psys.
Rien que le mot au début me faisait peur. Psychiatre !
Houla houla, mais je ne suis pas fou enfin !
L'inconscient collectif véhicule sur ce métier des images avec lesquelle on a aucune envie d'être associé.
J'ai mis plus d'un an à franchir le cap et la porte de l'un d'entre eux.
Ensuite il faut se le dire, il y en a de mauvais, voire de très mauvais.
Au départ, c'est juste quelqu'un qui a une formation et un diplôme.
C'est un médecin. Un médecin ça soigne. T'as bobo où ? Là, ici. Très bien. Diagnostic, prescription, 50 euros, merci, au revoir.
Dans le cas des dépressions les choses sont plus floues et les patient n'ont pas pour la plupart de pathologie à proprement parler.
Pour le mal de soi le stétoscope n'a pas beaucoup d'utilité. Le monsieur ou la dame peuvent vous palper de la tête aux pieds, il n'en ressortira rien. A moins que lui (elle) ou vous n'aimiez ça, mais c'est une autre histoire :-)
Cela ne les rend donc nullement apte à recevoir et écouter des gens en détresse. L'empathie, l'humanité ne s'apprennent pas à l'école.
Le premier que j'ai rencontré était un fin loustic.
A se demander s'il n'avait pas fréquenter l'université Bonux.
Il n'y a pas longtemps j'aurais dit que c'était un con de premiere bourre.
Avec le temps je pense que c'est vraiment un con de première bourre ! :-)
Déjà il parlait plus que moi.
C'est un comble non ? Je ne pouvais pas en placer une !
Il était intarissable sur la société actuelle qui part en vrille, le monde du travail qui broye les êtres et les aliéne.
Rien que du bon pour le moral moi je vous dis !
Je ressortais de chez lui avec juste l'envie de me fouttre en l'air. Vie de merde ! :-)
J'en souris aujourd'hui.
Et puis les séances ne duraient souvent que quelques minutes.
Quand il daignait s'intéresser à moi et que je posais une question, il me la renvoyait à la volée.
Cela clôturait en général les séances.
"Eh bien vous réfléchirez à ça"
L'environnement est aussi important.
Lui avait un réduit qui devait faire sept ou huit mètre carrés. Les murs étaient jaunes et la pièce essentiellement meublée d'un bureau et de deux chaises inconfortables. Un petit meuble derrière lui, encombré de papiers laissés en vrac sur le dessus. Une grande fenêtre aux vitres sales, toujours entrouverte, donnait sur la rue et laissait entrer les bruits de circulation, un étage plus bas.
Tout pour plaire !
La leçon est qu'il ne faut pas hésiter à changer de psy.
En vérité je ne sais pas si la notion de bon ou mauvais psy est pertinente.
A part pour mon docteur Bonux bien sûr ! :-)
Il faut seulement choisir quelqu'un avec qui on se sent bien. Tant avec la personne que dans son environnement.
Je ne vois pas la dépression comme une maladie mais plutôt comme un dérèglement, une mécanique qui s'enraye.
Cette mécanique nous est propre à chacun, composée de notre notre histoire, de notre personnalité.
La seule personne vraiment compétente pour s'en sortir, c'est soi même.
Le médecin sert de guide, de repère mais il ne peut vous soigner d'une dépression comme il le ferait d'une grippe ou d'une gastro.
C'est un peu comme une bonne chaussure. Ce n'est pas elle qui vous fait marcher mais c'est important de s'y sentir à l'aise pour reprendre la route :-)
En résumé c'est le seul praticien qui vous demande 50 ou 60 euros pour que vous fassiez vous même le boulot :-)
.