Donc nous voilà reviendus comme dit Tazounette. Pas de gaieté de coeur je peux vous assurer. Rentrée à angles aigus.
Et puis les retrouvailles avec Strasbourg sont de moins en moins joyeuses. Cette ville me lasse.
A la fois je m'y sens chez moi parce que cela fait vingt cinq ans que j'y vis et que ce sont les seules racines que j'ai. Les vingt premières étant un peu éparpillées au gré des vents.
En même temps je commence à ressentir une certaine distance avec ces lieux.
Pour le moment il y a de toutes façons N qui me retient attaché ici.
C'est important les racines. Elles symbolisent l'idée de continuité.Elles disent notre histoire et les lieux sont un peu porteurs de notre mémoire.
Je peux parcourir ici physiquement les ving cinq dernières années de ma vie.
Des rues, des maisons, des immeubles, des cafés, des quartiers témoignent de mon passage.
Je ressens d'autant l'importance de ce lien que celui qui me relie au vingt premières années me manque.
Il me manque comme manquerait une pièce d'un puzzle laissant un trou dans le paysage.
Je me souviens de la pièce manquante mais je ne peux pas la voir, la toucher, me promener autour.
Y'avais pas le numérique à c't'époque mes braves gens !
De N par exemple, depuis ses premières heures jusqu'à aujourd'hui il doit bien y avoir entre sa mère et moi et la famille autour au moins dix milles photos.
Si le gamin se pose la moindre question un jour il n'aura qu'à se plonger dans cette base de données illustrant sa vie ! Cela ne dit pas tout mais cela parle quand même.
Donc c'est la rentrée !
Alors ces vacances ? C'était comment que c'était ? J'en ai lu quequesz'unes qu'aimaient pas trop ça :-)
Bon moi c'était bien. Si je me faisais un peu moins la gueule, ce serait encore bien mieux !
Vis cool man !
N a appris à nager, à faire du vélo et à lancer le freesbee et les escargots. Pas peu fier de toutes ces succès !
Il y a eu des chateaux de sable, des tours de manège et de brouette, des plongeons, des séances de maquillages, des marchés aux puces, des courses dans des ruines moyen âgeuses, des promenades dans la nuit étoilée, des glaces dégoulinantes, des barbes à papa collantes, des rires, des larmes, des bouderies, des câlins et ... quelques léchouilles de chien. Un peu de légèreté et d'insouciance.
L'ex à aussi pété sa durite comme annoncé.
C'était aux alentours du 20.
Comme d'habitude je suis tombé dans le panneau et me suis mis en colère.
"Tu me prend mon fils pendant un mois complet" qu'elle m'hurlait presque aux oreilles !
Si N ne voulait pas lui parler ou se montrait parfois peu loquace c'était ma faute et celle de mes parents. Je le contraignais et l'influençais dans ce sens.
J'ai vraiment vu rouge quand après nous être copieusement engueulés elle a rappellé et demander à parler à N. Je passe le combiné au petit tout en restant à proximité, une oreille sur la conversation. Je n'ai pas l'habitude d'écouter ses échanges avec sa mère mais là je pressentais l'enfume. J'entend alors la maman fondre en larme et lui dire "maman est si triste, tu me manques tellement, tu vas me remonter le moral hein mon chéri. ..."
J'ai vu le visage de N se voiler et des larmes on coulé sur ses joues. Il m' a tendu le combiné sans répondre.
Moi j'ai répondu.
Je vous fais grâce de ce que je peux penser !
Bonne nouvelle pour les cigales qui on célébré dignement et très mesquinement mon départ par une minute de silence. Du silence enfin ! : -)
Bon je trouve qu'elles poussent un peu loin le bouchon. Ce que je fais ressemble quand même parfois à de la musique !
Si si ...
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