Je ne crois pas que ce panneau représente la réalité. Demandez à votre petit garçon, il connait le mot PAPA. Battons nous contre les lois du divorce, d'accord, mais la vraie paternité c'est dans le coeur des enfants qu'elle est.
Marie a raison d'un certain point de vue.
J'en ai malheureusement un autre et si ce panneau ne représente pas la réalité il symbolise alors plus précisément ma réalité et celle de nombreux papas.
Ayant par exemple maintenant engagé une procédure de recours de l'ordonnance je ne me livre plus pour le moment à aucun forcing pour voir mon fils en dehors de l'ordonnance.
Je peux assurer que deux semaine sans pouvoir le voir m'est très difficile et être réduit à des we d'un jour et demie est intolérable. Première idée d'interdiction car ma paternité ne peut se vivre concrètement.
A défaut de pouvoir le voir j'essaye bien sûr d'avoir en permanence des nouvelles.
J'ai besoin de savoir ce qu'il vit, ce qu'il apprend, ce qu'il fait. La paternité n'est pas en premier lieu une condition juridique ! Si elle est comme le dit Marie dans le coeur des enfants elle est aussi dans celui des papas.
Eh bien aucun de la dernière douzaine de mails envoyés à la maman n'a reçu la moindre réponse !!!
Le téléphone servant le plus souvent de prétexte pour provoquer des disputes dont le petit est bien sûr toujours témoin j'évite ce moyen de non communication. Seconde idée d'interdiction.
Je ressens personnellement très durement cette 'idée d'interdiction et d'exclusion. Est-ce parceque j'ai le sentiment que ma relation avec mon fils a commencé bien avant l'accouchement ?
Je ne sais ce qu'il en est des autres pères, chacun définissant comme il le sent sa propre idée de paternité et fixant en dehors de toute norme référente le dégré d'interdiction qu'il peut ressentir.
Nous avions pratiqué l'aptonomie pendant la grossesse, cette étonnante méthode d'apprentissage de l'éveil sensoriel du bébé par le touché et le dialogue.
Chaque jour je passais un long moment avec mon fils. Mes mains entourant le ventre de la maman, je lui parlais longuement.
C'était quelque chose de fascinant que de le voir et le sentir venir se lover dans mes mains lorqu'il entendait et reconnaissait ma voix. Il réagissait aux inflexions, au ton, aux différentes pressions de mes doigts.
Si j'avais pu douter les premiers temps et cru à un simple effet de hasard, il m'a bien fallu au fil des semaines reconnaitre que déjà nous communiquions intensément.
C'est aussi moi qui me suis occupé de lui à la fin du congé de maternité .... jusqu'à la séparation. Presque neuf mois ! Tout un symbole :-))
Réduit aujourd'hui à l'eau sèche et condamné à bouffé des cailloux, j'ai la sensation très charnelle d'un manque terrible et de vivre en permanence avec ce panneau d'interdiction qui m'obstrue la vie ....
La remarque de Marie est interessante car elle illustre l'opposition entre coeur et raison.
Il est présupposé que le combat des pères se situe dans un registre rationnel et qu'il suffit alors de remplacer les mauvaises lois par de meilleures pour que les choses aillent mieux.
C'est omettre que les parents fautifs comme mon ex femme font parler leur coeur mauvais dans le mépris le plus absolu des lois et de ce que peut indiquer la raison. Dans l'intérêt de l'enfant par exemple :-)
Oui mon petit garçon connait le mot papa et j'ai ma place dans son coeur.
Mais pas dans sa vie. De son côté aussi il y a l'idée de paternité interdite .....