A cette heure on a les références qu'on peut !
Il est bien 3 heures 10 mais je ne vois pas ce que j'irai foutre à Yuma.
D'abord il n'y a plus de train, pas de ligne directe depuis Strasbourg et Glenn Ford est mort.
Je ne sais pas ce qui m'a réveillé.
L'orage peut-être, qui gronde depuis minuit et la pluie qui bat le pavé de la cour comme si on l'arrosait au karcher
Ou un cauchemard. Les angoisses de fin de mois qui me donnent des sueurs froides.
Je me suis endormi en pensant au 50 000 dollars qu'un riche homme d'affaire proposait aux héros du bouquin que j'ai commencé pour retrouver sa fille.
'Pas à moi que ça arriverait un truc comme ça.
Bon je ne suis pas non plus détective privé vous me direz.
Pas personnage de roman non plus d'ailleurs.
Ce serait pratique tiens !
Je me ferai gagner au loto au chapitre suivant. L'argent ne fait le bonheur mais au moins ça paye le loyer.
Deux sandwichs plus loin, il est trois heures trente et plus vraiment sommeil.
Super, je vais me réveiller demain avec la tête comme une pâte à kouglopf mal montée et des valoches mal ficelées sous les mirettes.
Il me reste à aller essayer de compter les moutons.
Je ne sais pas pourquoi mais je les pressens assez indociles les caprinés, à s'égayer un peu partout dans la pièce, voire à sauter et s'embourber dans ma pâte à kouglopf comme dans des sables mouvants. Ils vont se débattre en tous sens, m'en coller partout et agoniser en me bêlant aux oreilles jusqu'à m'exploser les tympans.
Je pourrais toujours compter les dépouilles !
Personne n'a jamais non plus préciser qu'il fallait les compter vivants ...
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